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Algérie : une fille de 17 ans dénonce des employeurs harceleurs

Algérie : une fille de 17 ans dénonce des employeurs harceleurs

Quelque chose est peut-être en train de changer dans la société algérienne concernant le harcèlement sexuel, un sujet longtemps resté tabou.

Si beaucoup de femmes souffrent en silence par peur du scandale ou de perdre leur travail, d’autres n’hésitent plus à dénoncer publiquement leurs harceleurs ou encore à saisir les instances judiciaires.

L’histoire d’une adolescente algérienne de 17 ans, dont la famille qui a eu recours aux réseaux sociaux pour dénoncer des hommes qui l’ont harcelée de propositions indécentes, fait le buzz.

C’est la tante de l’adolescente qui a un posté sur Facebook un message dans lequel elle demande conseil aux internautes sur les suites juridiques qu’elle pourrait donner à ce qu’a vécu sa nièce. Cette dernière, 17 ans, cherchait un travail d’été en prévision des vacances scolaire et a posté une annonce sur internet.

La jeune fille a été submergée de réponses et de propositions. Alors qu’elle devait être ravie d’avoir un tel embarras du choix, elle en a été au contraire choquée et ahurie, elle qui venait de postuler pour son premier travail.

C’est que plusieurs de ceux qui l’ont contactée sur sa messagerie lui ont explicitement indiqué que ce qui les intéresse en elle n’est ni son assiduité ni sa compétence.

Les messages, postés par la tante sur la page Facebook « Je dénonce DZ », sont en effet très explicites. « Je cherche une fille charmante, mature sexy vivante », « je demande une fille belle avec un joli corps et qui a déjà fait l’amour », « Je ne suis pas heureux dans mon mariage » ou encore « si tu es belle, attirante, romantique… ».

Harcèlement sexuel : une adolescente de 17 ans reçoit des messages indescents

Ces propos n’émanent pas de délinquants dans la rue, mais de « patrons » d’entreprises, un architecte-entrepreneur, un gérant d’une école privée, un importateur…

Des captures d’écran de messages indécents, avec les noms de leurs auteurs, ont été partagées par « Je dénonce DZ » et la page du « Réseau Wassila », une association nationale de défense des droits des femmes.

« Ce ne sont pas des employeurs mais des proxénètes qu’il faut dénoncer et poursuivre. Inqualifiable », écrit le Réseau Wassila. Les commentaires des internautes abondent dans le même sens et de nombreuses femmes ont partagé leurs expériences similaires.

« J’espère qu’elle ne sera pas traumatisée », écrit un internaute à propos de la fille de 17 ans.

D’autres ont incité sa famille à déposer plainte, rappelant que ce genre de comportement est puni par la loi.

En Algérie, le code pénal définit en effet le harcèlement sexuel le fait de donner des ordres, de proférer des menaces ou d’exercer des pressions afin d’obtenir « des faveurs de nature sexuelle », lorsque ces comportements émanent d’une  personne qui abuse de « l’autorité que lui confère sa fonction ou sa profession ». Le délit est puni d’une peine de prison d’un mois à deux ans et d’une amende de 50.000 à 100.000 dinars.

La teneur des mails partagés sur « Je dénonce DZ » peut aussi s’apparenter à de l’incitation à la débauche et corruption de mineur, un acte puni de 5 à 10 ans de prison, une peine applicable même aux tentatives sans la consommation de l’infraction.

Contactée par TSA, une avocate conseille à la famille de cette adolescente de saisir la brigade de lutte contre cybercriminalité de la police et de « ne pas bloquer les comptes depuis lesquels les messages ont été envoyé quel que soit le support (Mail, réseaux sociaux) pour que les policiers puissent identifier l’auteur du message».

Cette avocate cite des exemples de gens convoqués pour des faits similaires et qui ont nié posséder le compte en question ou bien ils disent avoir été piratés mais en passant par la brigade de lutte contre la cybercriminalité, la plaignante peut éviter cette situation.

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