Politique

Bouira : foule pour commémorer un événement de la guerre de Libération

Scène inhabituelle à Saharidj (Bouira), samedi 13 mai. La localité a commémoré la mort de 45 des siens pendant la guerre de Libération nationale, en présence du ministre des Moudjahidine et des autorités locales.

L’événement s’est distingué par le nombre impressionnant de citoyens présents pour rendre hommage à leurs illustres aînés.

Le village d’Ighzer Iouakouren, haut lieu de la lutte pour l’indépendance, a été bombardé et incendié par l’armée coloniale en mai 1957, en représailles au soutien qu’apportait la population aux moudjahidine. Quarante-cinq citoyens du village ont été tués et les rescapés ont été déplacés vers un autre lieu.

Ce n’est qu’après l’indépendance que la population est revenue et le village reconstruit.

Plus de six décennies après, le souvenir de ce massacre est toujours présent dans la mémoire collective.

Pour le 66e anniversaire de ce carnage, le ministre des Moudjahidine, Laïd Rebigua s’est déplacé sur les lieux, en compagnie des autorités locales.

Sur place, il a été le premier à être impressionné par la foule nombreuse venue participer à la commémoration.

Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, se sont agglutinés aux collines escarpées du village, pour exprimer leur reconnaissance aux sacrifices consentis par toute la région.

Les Iwaquren (Bouira) fiers des sacrifices de leurs aînés

Ce genre de célébration a lieu d’habitude en présence des autorités, de moudjahidine encore en vie et de quelques citoyens, mais rarement en présence d’une foule aussi impressionnante.

« Vous faites l’événement aujourd’hui en vous rassemblant pour honorer la mémoire des Martyrs. Vous vous êtes rassemblés comme l’avaient fait hier les gens de la détente et du plomb, les révolutionnaires, dans les montagnes et villages. Vous avez fait l’histoire de l’Algérie », a dit le ministre à l’adresse de la foule compacte.

La région d’Iwaquren, située sur le flanc Sud du Djurdjura, est un haut lieu de la résistance au colonialisme français dès les premières années de l’occupation de l’Algérie au 19e siècle.

Elle n’a été soumise qu’après une farouche résistance livrée à l’armée française. Pendant la guerre de Libération, ses habitants se sont aussi distingués par leurs hauts faits d’armes.

L’histoire retient notamment la bataille d’Izirwel, sur les hauteurs du Djurdjura au cours de laquelle de lourdes pertes ont été infligées à l’armée coloniale en mai 1958, une année après le massacre du village d’Ighzer Iwaquren.

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