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Vaccination anti-covid en Algérie : « Ça commence à se débloquer »

Vaccination anti-covid en Algérie : « Ça commence à se débloquer »

Pr Wahiba Hadjoudj, directrice générale de la pharmacie au ministère de la Santé

Le Pr Wahiba Hadjoudj, directrice générale de la pharmacie au ministère de la Santé, annonce l’arrivée de quantités conséquentes de vaccins en Algérie au cours des prochains mois.

L’Algérie à reçu 500.000 nouvelles doses de vaccin anti-covid-19. D’autres arrivages sont-ils attendus ?

Nous avons reçu, lundi 31 mai, 500.000 doses du vaccin chinois Sinovac, additionnellement à ce qu’on avait déjà reçu en vaccins russe et AstraZeneca. Ce qui porte le total à 2,5 millions de doses depuis le 29 janvier 2021.

D’autres arrivages sont attendus pour le mois de juillet 2021 et porteront sur la réception de près de 3 millions de doses avec trois types de vaccins : chinois, russe et l’AstraZeneca.

Deux millions et demi de doses restent tout de même insuffisants…

En fait, ce n’est pas seulement 2,5 millions de doses, puisque d’ici à juillet, il y aura 5,5 millions de doses. C’est vrai qu’au départ c’était un peu timide au vu de la conjoncture mondiale marquée par l’apparition de nouvelles vagues de l’épidémie dans certains pays producteurs de vaccins.

Ceci a amoindri les chances d’acquisition des quotas de vaccins. Aujourd’hui, nous avons de bonnes perspectives dans le sens où il y aura de plus en plus grandes quantités que nous allons recevoir.

D’ici la fin juin, on aura 5,5 millions de doses et pour les mois de juillet, août et septembre on aura aussi un quota conséquent qui va arriver. Et on sera ainsi approvisionné régulièrement au fil des mois au cours du 2e semestre jusqu’à arriver, je l’espère, à l’objectif que nous nous sommes assigné vers la fin de l’année.

La situation tend à se débloquer…

Ça commence à se débloquer fort heureusement, d’une part parce qu’il y a ces pays qui ont adopté ce nationalisme vaccinal et qui ont bien avancé dans la vaccination de leur population.

Et donc leurs besoins en vaccins vont être revus à la baisse. Ceci pourrait nous permettre d’avoir de plus en plus de quantités de vaccins. Ne serait-ce que par la concrétisation de nos contrats que nous avons déjà établis et mis à exécution.

Quid des vaccins de la plateforme Covax ?

Dans le cadre du mécanisme Covax, c’est autre chose. C’est une allocation qui est faite systématiquement au début de chaque trimestre. Ce que nous sommes en train de recevoir depuis le début, les 364 800 et les 758 500 doses que nous avons reçues de l’AstraZeneca, était déjà programmé à partir du mois d’avril pour couvrir avril, mai et juin.

Nous attendons pour juin un quota de 758 400 doses, ce qui portera notre allocation via le mécanisme Covax à 1,88 million de doses. Vers le 15 juin, nous devrions avoir la notification de l’allocation pour les mois de juillet, août et septembre.

Elle sera au moins égale à celle d’avril-mai-juin. Et chaque mois, nous aurons un quota à travers le mécanisme onusien Covax qui, je rappelle, approvisionne plus de 145 pays.

Et ce pour permettre un accès équitable aux vaccins à la fois aux pays à faibles revenus, à revenus intermédiaires tel que c’est le cas pour l’Algérie et aussi les pays à revenus supérieurs.

On constate une utilisation importante du vaccin AstraZeneca. Une explication ?

Le laboratoire AstraZeneca dispose de beaucoup de fabricants dans le monde, en Russie, en Belgique, en Inde et en Corée du Sud. Ce qui fait de lui le plus gros pourvoyeur de vaccins.

Cette capacité de production a fait que ce vaccin est utilisé aujourd’hui dans plus de 135 pays. La quote-part de l’AstraZeneca est prédominante en matière d’utilisation des vaccins dans le monde. S’ensuit le vaccin de l’américain Pfizer.

Comment avez-vous géré les suites de la polémique qu’il y a eu concernant l’AstraZeneca qui peut provoquer des effets secondaires rares mais graves ?

Comme tout le monde nous avons été prudents. On est resté à l’affût des informations qui nous parviennent concernant les effets secondaires.

Nous nous intéressons beaucoup à la partie pharmaco-vaccino-vigilance. Soit après qu’on ait vacciné nos concitoyens avec les vaccins qu’on a acquis soit par ce qui se passe à travers le monde parce que ce sont des vaccins qu’on pourrait acquérir.

Nous restons très prudents par rapport aux effets secondaires signalés dans le monde, mais il y a des publications qui justement évoquent les effets secondaires notamment l’apparition de caillots de sang -qui constituent il faut le rappeler des cas rares- parce qu’en fait c’est le vaccin le plus utilisé.

Et donc, il y a une description de plus de cas rares qui sont de plus en plus rapportés du fait que la vaccination a touché le plus grand nombre de la population mondiale.

Ce qu’il faut savoir est que tous les vaccins ont des effets secondaires, certains sont rapportés, d’autres le sont moins et enfin d’autres ne sont pas rapportés du tout.

Reste que la balance bénéfice-risque penche plus vers le bénéfice notamment pour les personnes âgées chez qui le vaccin intervient non pas pour guérir mais plutôt afin d’éviter de développer des formes graves de covid qui les conduiraient vers la réanimation.

Quand on est vacciné, on est censé être immunisé pour combien de temps ?

Les scientifiques se sont accordés à dire sur 8 mois de temps d’immunité. On ne sait pas encore s’il faut refaire le vaccin. Car on n’a pas encore bouclé une année depuis l’inoculation du premier vaccin.

Il y a des études qui sont faites pour faire le suivi du développement de l’immunité et les scientifiques s’accordent à dire que c’est huit mois, mais ça peut être plus comme ça peut être moins. On aura les résultats d’ici la fin du 3e trimestre de l’année en cours.

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