Société

Vague de froid : des écoles sans chauffage en plein hiver

Le froid, qui sévit depuis plusieurs jours en Algérie, suscite la joie des agriculteurs, mais fait claquer les dents des élèves et des enseignants dans certaines écoles dépourvues de chauffage.

Les chutes de pluie et les neiges affectent le nord de l’Algérie depuis une semaine. Même les wilayas du Sud du pays ont été touchées par les chutes de neige à l’image de Béchar, Timimoun, El Menia et Ghardaïa.

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La vague de froid devrait se poursuivre durant les prochains jours. L’office national de la météorologie a émis ce mercredi 25 janvier plusieurs alertes de niveau 2, dans plusieurs régions du pays, annonçant des neiges et du verglas allant jusqu’à 20 cm d’épaisseur ainsi que des pluies dont les quantités sont estimées jusqu’à 40 mm.

Dans cette période de grand froid, beaucoup d’écoles sont dépourvues de chauffage. À Alger, dans les grandes villes du pays tout comme dans les wilayas de l’intérieur, des élèves sont contraints de supporter des températures très basses dans les classes.

Le secrétaire général du syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation, Satef, Boualem Amoura, parle de « négligence » dans des déclarations accordées à TSA ce mercredi 25 janvier.

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« C’est un problème récurrent. Où sont les autorités publiques ? Le problème doit être réglé par les APC pour les primaires et par l’éducation pour les collèges et les lycées », affirme le SG du Satef.

Qui est responsable de la situation ?

Pour Boualem Amoura, il y a un manque d’anticipation de la part des services concernés. « Il ne faut pas attendre le mois de janvier pour venir nettoyer les radiateurs et les réparer. Tout cela doit être fait avant le début du froid », ajoute-t-il en pointant le problème des appareils défaillants et le risque encouru sur la vie des écoliers et des enseignants. Le syndicaliste cite en exemple le cas d’élèves intoxiqués au monoxyde de carbone en raison des installations défaillantes.

La situation risque de s’aggraver si les dispositions ne sont pas prises, prévient Amoura. Ce dernier dénonce « l’impunité » et le « laisser – aller ».

Le SG du Satef cite deux exemples. Cette semaine, des élèves ont été libérés du lycée Fatma N’Soumer au centre-ville de Tizi Ouzou en raison de l’absence de chauffage tandis qu’au lycée Omar Ibn Khattab à Blida, les élèves et les enseignants ont dû faire grève pour les mêmes raisons.

Il a fallu une action de protestation pour que les autorités de la wilaya de Blida s’attèlent à régler le problème alors qu’il avait déjà été soulevé depuis longtemps, assure Boualem Amoura

« Absence de volonté politique »

Joint par TSA, Messaoud Boudiba, porte – parole du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique de l’éducation (Cnapeste) a dressé un constat accablant

« Si le problème se pose à Alger à quelques kilomètres du ministère, imaginez dans quelle situation se trouvent les écoles dans les villages et les coins reculés du pays », lâche-t-il d’emblée.

Messaoud Boudiba a indiqué que les autorités sont régulièrement sollicitées au sujet des installations de chauffages dans les écoles. Le porte – parole du Cnapeste évoque un « blocage » au niveau des directions de l’éducation nationale. Boudiba déclare ne « pas avoir senti une volonté pour éradiquer ce problème ».

« Avec ou sans les neiges, le froid n’est pas un phénomène nouveau. On entend à chaque fois que des budgets ont été dédiés aux installations de chauffage et on se retrouve toujours avec le même problème », poursuit-il.

Messaoud Boudiba évoque lui aussi le problème de la maintenance des appareils de chauffage dans les écoles. Il met en avant l’absence de personnels qualifiés dans les écoles.

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