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Variants covid-19 en Algérie : le Dr Yousfi réclame de la transparence

Variants covid-19 en Algérie : le Dr Yousfi réclame de la transparence

Dr Mohamed Yousfi est chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik. Dans cet entretien, il parle des formes graves du covid-19 chez l’enfant, de la campagne de vaccination. Il réclame de la transparence sur les variants détectés en Algérie.

Ces derniers jours, au niveau des services de réanimation, on enregistre de plus en plus de malades jeunes atteints de covid-19. Comment expliquez-vous cela ?

Depuis le début de la pandémie de covid-19, on avait dit qu’avec la souche originale les enfants étaient rarement touchés ou avec des formes asymptomatiques.

Mais cela a changé avec l’apparition des variants. La caractéristique du variant est qu’elle touche aussi des sujets plus jeunes et avec plus de contagion.

Il faut savoir aussi que pendant la deuxième vague, en Algérie et dans d’autres pays, avec la souche originale, on a eu dans nos services des formes plus graves qui nécessitaient plus d’oxygène par rapport à la première vague mais, surtout, qui touchaient aussi l’adulte jeune.

Depuis ce temps, on enregistre des cas chez les sujets âgés mais aussi chez les sujets jeunes, en dehors du variant.

Pour l’implication de ces variants dans les cas algériens ces dernières semaines, je ne peux pas me prononcer parce qu’on n’a pas d’informations exactes les concernant. L’Institut Pasteur d’Algérie communique une fois par semaine ou tous les dix jours sur le nombre de variants détectés dans le pays mais sans aucune précision dans quels services, quartiers, etc.

Pour résumer, de l’expérience des autres pays, le variant touche plus de jeunes et avec des formes graves mais, depuis la deuxième vague, on a aussi le virus original qui est devenu plus virulent en touchant les sujets jeunes qui n’étaient pas touchés durant la première vague.

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A Batna, il y a eu un nourrisson qui est décédé du covid-19 et à Sétif un enfant de cinq ans. Ne faut-il pas lancer une enquête épidémiologique ?

Depuis le début de l’épidémie, à chaque fois qu’il y a un cas qu’il soit enfant ou adulte qui est déclaré, systématiquement il y a une enquête épidémiologique.

Donc là, il faudrait renforcer encore plus les enquêtes surtout par rapport aux variants, pour la simple raison que c’est plus contagieux.

Là aussi, il faudrait avoir aussi plus de moyens de séquençage pour permettre aux professionnels de la santé d’avoir des informations en temps réel et savoir aussi quelle est la part des variants par rapport à l’ensemble des souches détectées. Cette information, on ne l’a pas à ce jour. On ne sait pas si on est à 5 %, à 10 % ou à 50 %.

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Comment voyez-vous la campagne de vaccination en Algérie ?

Elle est encore très faible, très timide, de l’aveu même de nos responsables, sachant qu’on en est à un peu moins d’un million de doses sur quatre mois et on vient de recevoir 750.000 nouvelles unités.

Avec ce qu’on vient de recevoir, à peine si on va arriver à un peu moins de deux millions de doses.

Tout le monde sait, et nous l’avons dit en tant que spécialistes depuis le début, qu’on a besoin d’au moins 30 millions de doses. On est très loin concernant l’accélération de la campagne de vaccination, et aussi en termes de communication par rapport à la vaccination.

Je répète encore une fois que le ministère de la Santé devrait communiquer un peu plus concernant le planning et la vaccination pour rassurer les citoyens.

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