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France : Marine Le Pen remue le passé de son père en Algérie

France : Marine Le Pen remue le passé de son père en Algérie

Lors de la cérémonie d’hommage au résistant Missak Manouchian mercredi au Panthéon à Paris, Marine Le Pen a cru bien de rappeler le passé de son père dans la Légion étrangère, dont celui durant la Guerre d’Algérie.

S’en est ensuivi une avalanche de critiques et de rappels de quelques bonnes vérités pas bonnes à entendre sur les états de service de Jean-Marie Le Pen, notamment son passé de tortionnaire pendant la guerre d’Algérie.

Malgré l’opposition d’une partie de la classe politique, dont le président Emmanuel Macron, Marine Le Pen a pris part à l’hommage rendu en France mercredi 21 février à Missak Manouchian, grand résistant étranger (arménien) durant la seconde Guerre mondiale.

L’opposition à la présence de l’ancienne présidente du Rassemblement national s’explique par l’inadéquation entre les idéaux du personnage panthéonisé et l’idéologie du parti d’extrême-droite fondé il y a 50 ans par Jean-Marie Le Pen.

« Cette panthéonisation sera l’occasion de rappeler qu’être Français, cela ne tient pas à l’origine, à la religion, au prénom, mais à la volonté », avait indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Missak Manouchian est un militant communiste d’origine arménienne exécuté par les Nazis avec 23 autres résistants étrangers en 1944.

Au cours de la cérémonie, Marine Le Pen a déclaré qu’elle aussi, elle a des « liens familiaux avec la Légion étrangère ».

« Vous savez, j’ai évidemment quelques liens familiaux avec la Légion étrangère. Donc, que des étrangers soient venus tout au long de notre histoire se battre pour défendre notre pays est une évidence », a-t-elle déclaré à France Info. L’allusion est évidemment au passage de son père dans ce corps de l’armée française.

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Sauf que Jean-Marie Le Pen a appartenu à la Légion étrangère au moment où elle était engagée dans la répression des mouvements de libération, notamment en Indochine et en Algérie, précisément entre 1953 et 1957. Ce qui est aux antipodes du combat de Missak Manouchian.

Pendant la seconde Guerre mondiale, Jean-Marie Le Pen était « député d’un mouvement poujadiste suintant l’antisémitisme », rappelle Libération. Entre 1953 et 1957, la Légion étrangère « était farcie d’anciens nazis recyclés dans la défense des colonies », ajoute le journal pour qui les propos de Mme Le Pen sont une manière de se féliciter de « l’engagement actif de son père contre les mouvements de libération des peuples vietnamien et algérien ».

En Algérie, où il a pris part à la Bataille d’Alger avec le 1ᵉʳ régiment parachutiste étranger, Jean-Marie Le Pen est accusé d’actes de torture.

L’un de ses accusateurs, l’écrivain français Fabrice Riceputi, auteur du livre « Le Pen et la torture, l’histoire contre l’oubli », y est allé lui aussi de sa « mise au point ».

Pour lui, le lien de Marine Le Pen avec la Légion étrangère, c’est l’engagement de son père avec son régiment parachutiste au sein duquel « il pratiqua la torture » en Indochine puis en Algérie.

Fabrice Riceputi rappelle l’anecdote du « poignard des Jeunesses hitlériennes gravé à son nom » que le lieutenant Le Pen « perdit dans la maison de l’une de ses victimes, Ahmed Moulay » en Algérie.

Dans sa réaction sur la plateforme X, l’écrivain a supposé que ce poignard lui avait été offert par l’un des soldats allemands engagés après la seconde Guerre mondiale dans la Légion étrangère. Ils étaient au nombre de 30 000 dont 3 à 4 000 SS, rappelle-t-il.

Riceputi ajoute qu’en 1957, Le Pen était lieutenant à Alger où il a fréquenté « à coup sûr l’ancien SS Frtuz Feldmeyer, bourreau à tout faire de la villa Sesini », un lieu de triste mémoire qui a servi au 1ᵉʳ régiment parachutiste étranger de PC et de centre de torture.

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